Le projet de centrale photovoltaïque de Calissanne, à Lançon-de-Provence

Encore un projet exemplaire pour valoriser les énergies renouvelables et soutenir la transition énergétique… ou pas !

 
 

C’est sur 39 hectares du Domaine de Calissanne qu’ EDF énergies nouvelles entend implanter, pour les 25 ans à venir, plus d’un millier de panneaux photovoltaïques. Un projet qui pourrait être écologique s’il ne se situait pas au cœur d’une zone protégée par l’Europe pour sa richesse exceptionnelle en faune : le bureau d’études a recensé pas moins de 118 espèces protégées dans ce secteur. Parmi celles-ci, on remarque l’Aigle de Bonelli et l’Outarde Canepetière, deux espèces menacées d’extinction en France et bénéficiant à ce titre de Plans Nationaux d’Action visant à favoriser leur maintien dans notre région. Des plans qui recommandent explicitement de ne pas installer de ferme photovoltaïque dans les zones de présence de ces deux espèces !


 
 

Qu’à cela ne tienne. EDF a obtenu de la mairie de Lançon la requalification du Plan Local d’urbanisme, faisant miraculeusement passer le site de Calissanne du statut « d’espace à forte valeur écologique » à celui de « secteur particulier à l’emprise d’un projet de ferme photovoltaïque ». Un tour de passe-passe contraire au Schéma de Cohérence Territoriale et qui avait en son temps reçu un avis défavorable des services de l’État et de la commission départementale de la consommation des espaces agricoles.

 

Tandis qu’EDF, fort de cette première victoire, poursuivait imperturbablement son bonhomme de chemin, la Dreal délivrait contre son projet pas moins de 4 avis défavorables consécutifs, motivés par un impact sur la biodiversité jugé beaucoup trop important, des manquements quant à la justification de l’emplacement du projet et une incompatibilité avec la Directive Territoriale d’Aménagement des Bouches-du-Rhône. Rien que ça !

 
 

Mais EDF est aussi têtu que le Préfet des Bouches du Rhône est conciliant. C’est ainsi que, contre toute attente, la société a obtenu le permis de construire sa centrale de panneaux le 13 août 2013. Restait, pour démarrer les travaux, à obtenir une l’autorisation de détruire les espèces protégées présentes sur le site, autorisation soumise à l’avis du Conseil National de Protection de la Nature.

 

Réunis le 7 novembre pour étudier cette très insistante demande de dérogation, les membres du conseil ont heureusement mis fin à la course folle d’EDF pour la destruction de la nature, en rendant à l’unanimité un avis défavorable.

 
 

Gageons qu’EDF, valeureuse entreprise qui cent fois sur le métier remet son ouvrage, ne s’en tiendra pas là.

 

Nacicca, France Nature Environnement et le Conservatoire des Espaces Naturels ont d’ores et déjà déposé un recours gracieux auprès du préfet, sollicitant le retrait du permis de construire, que nous considérons comme illégal. En attendant….