Le projet en bref

Le projet 

 

Le projet initial de RTE prévoit d’aligner 180 pylônes d’au moins 60 mètres de haut sur 65 km, traversant des sites classés en Terre d’Argence, Camargue et dans la plaine de la Crau pour alimenter le pôle industriel de Fos-sur-Mer.

 

Le fuseau du projet :

  • traverse le Parc naturel régional de Camargue, plus grande zone humide de France. Un territoire reconnu dans le monde entier pour sa nature préservée et ses paysages ;
  • coupe en deux la Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau, dernière steppe aride d’Europe, d’une grande richesse biologique ;
  • impacte 4 zones Natura 2000 ;
  • impacte des exploitations agricoles variées : maraichères, céréalières, viticoles, fruitières, élevages, garantes de notre résilience alimentaire et tournée vers une consommation locale.

Les grandes lignes de notre opposition

 

Ce projet a fait l’objet d’une concertation « Fontaine » en 2024 et a fait parti en 2025 du débat public « Fos Berre Provence – un avenir industriel en débat » porté par la Commission nationale du débat public (CNDP).

Au regard des éléments fournis par RTE lors de ces deux séquences, nous constatons que :

• Le projet porte sur un territoire d’une richesse biologique exceptionnelle constitué de la Crau, de la Camargue et des Alpilles, connu à l’échelle européenne sous l’appellation « Triangle d’Or de la Biodiversité », dont la protection doit être considérée comme un enjeu public majeur, d’une importance au moins équivalente à celui de la décarbonation qui motive le projet ;

 

 

• Les critères de choix du « fuseau à moindre impact » n’ont été ni présentés ni argumentés. Tout au long des processus de consultation, le porteur de projet nous a expliqué être à la recherche du meilleur projet pour la collectivité, à savoir, le plus intéressant pour la collectivité, celui de moindre impact environnemental et sociétal et maximisant les retombées positives pour les territoires. Or, à aucun moment ni aucune réunion de la concertation, RTE n’a précisé à la population quels étaient les outils et méthodes permettant de déterminer le fuseau qui réunirait ces 3 conditions ;

 

 

• Les impacts concernent de nombreux habitats naturels d’intérêt communautaire comme les prairies sèches et les zones humides, dont plusieurs sites Natura 2000 classés comme Zone Spéciale de Conservation au titre de la directive « Habitats » et désignés comme Zone de Protection Spéciale au titre de la directive « Oiseaux » ;

• Ces impacts, notamment liés aux risques de collision, concernent également de nombreuses espèces protégées et menacées, bénéficiant de plans nationaux d’actions (PNA) comme l’Outarde canepetière, le Ganga cata, l’Aigle de Bonelli, le Butor étoilé, ainsi que de nombreuses autres espèces de gros oiseaux rares ou emblématiques de la Camargue telles que le Flamant rose, la Grue cendrée, la Spatule blanche, la Cigogne blanche ou les rapaces ;

 

 

• Le projet se situe sur des voies de migration d’importance internationale, et constitue une menace pour de nombreuses espèces migratrices ainsi que pour les continuités écologiques. Par ailleurs, les espaces naturels protégés sont situés de part et d’autre du Rhône, générant de nombreux déplacements d’espèces d’oiseaux et de chiroptères, et augmentant par conséquent les risques de collision sur un ouvrage aérien tel que celui projeté ;

• Le projet de câbles aériens a des impacts paysagers très importants dans des espaces patrimoniaux aux paysages marqués par de très faibles reliefs ;

 

 

• Le projet est susceptible d’avoir des impacts considérables sur des filières agricoles, déjà fragilisées, qui sont essentielles à l’économie du territoire mais également porteuses d’enjeux biodiversité ;

• Les alternatives n’ont pas été étudiées de manière satisfaisante, ni en termes de technologie (câbles enterrés ou sous-fluviaux), ni en termes de production énergétique (production sur des sites déjà artificialisés au sein du GPMM…).

  • Les dossier de concertation et du débat public font l’impasse totale sur la consommation d’eau des futures usines qui devraient s’implanter à Fos et/ou de celles qui vont modifier leurs processus de production ;

     

 

  • Une opposition quasi unanime des élus du territoire, ainsi que des gestionnaires d’espaces naturels, du monde agricole, des associations environnementales et des citoyens, d’une envergure jamais égalée sur ce territoire ;
  • Au-delà des dimensions patrimoniales, la Camargue, la Crau et la Terre d’Argence sont des espaces de vie partagés par tous, nos enfants, nos familles, nos visiteurs qui aiment venir visiter et se réfugier dans ces havres de paix. Cette opération dans sa configuration actuelle viendrait à balafrer irrémédiablement ces lieux et ces paysages tant la visibilité de cette superstructure sera maximale.

Sans nature, pas de futur