Archives de catégorie : Contournement autoroutier d’Arles

Mobilisation contre le contournement autoroutier d’Arles les 27 et 28 septembre 2025

Le collectif « En travers de la route » s’est constitué pour lutter contre le projet autoroutier d’Arles, défendre les terres naturelles et agricoles et promouvoir des alternatives pour répondre aux nuisances de la RN113. Le collectif est composé d’une dizaine d’associations et de mouvements locaux, qui ont décidé d’unir leurs forces face à ce projet. Alors qu’une enquête publique est prévue à l’automne, nous voulons sensibiliser la population locale aux impacts de ce projet.

 

Nous vous convions les 27 et 28 septembre prochain pour un weekend de mobilisation contre ce projet autoroutier.

 

Au programme, le samedi après-midi, des tables-rondes réunissant spécialistes, militants et acteurs locaux, des ateliers pour les grands et les petits, un espace buvette et une grande soirée musicale avec le concert de Fatum Fatras. Restauration sur place à prix libre. Vous avez la possibilité de camper sur place.

 

Rendez-vous le samedi 27 à Longo Maï au Mas de Granier à Saint-Martin-de-Crau. Accueil à partir de 13h30, début des débats à 14h.
Le dimanche matin, nous vous proposons de partir à la découverte du tracé, à pied, pour un cortège festif suivi d’un pique-nique tiré du sac.

 

Rendez-vous le dimanche 28 au Mas du Lion sur la route de Villevieille Crau, à Arles (Lat : 43,6475 Long : 4,6725), près de la Draille marseillaise, dès 9h30 pour un accueil autour d’un café et d’un petit déjeuner suivi d’ateliers créatifs.

 

Pour comprendre les impacts de ce projet autoroutier, nous vous invitons à visionner cette vidéo que le collectif a réalisé :
https://www.youtube.com/watch?v=IUY_zIuLpuY

 

Vous pouvez également consulter notre site internet : https://contournement-arles.fr

 

Enfin, si vous souhaitez nous aider à financer ce weekend vous pouvez apporter une participation libre ou un don, via la page HelloAsso de l’association Nacicca : https://www.helloasso.com/associations/nacicca/evenements/en-travers-de-la-route-1
(Toutes les associations membres du collectif sont composées de bénévoles et ne reçoivent aucune subvention)

Pour un autre projet de territoire – contribution au débat public Fos Berre Provence

En résumé

NACICCA interroge le projet de développement industriel et logistique de la zone de Fos Berre tel qu’il nous a été présenté au cours du débat public Fos Berre Provence un avenir industriel en débat.

En tant qu’association agréée à la protection de l’environnement, nous sommes inquiets de voir chaque jour disparaître toujours plus d’habitats, de paysages et d’écosystèmes accueillant des espèces pour lesquelles la région à une responsabilité de premier ordre, que ce soit au niveau national ou international. Le projet de développement industriel et logistique de la zone de Fos conduira à la destruction directe de plusieurs centaines d’hectares (Deos (80ha), Carbon (60 ha) GravitHy (75ha)  etc…). Preuve de l’impact de ces développement les services de l’Etat recherchent avec difficulté des surfaces de compensations de 2000 à 3000 ha dans la région. Or, nous dénonçons depuis longtemps l’inefficacité des mesures compensatoires qui ne sont jamais à la hauteur des destructions de la nature engendrées par l’artificialisation des sols.

Le développement qui nous est proposé est clairement insoutenable, consommateur de trop d’espaces et trop gourmand en énergie sans que les besoins aient vraiment été interrogés. Le chevelu d’infrastructures réseau (routes, autoroutes, ponts, pipeline, ligne très haute-tension) associé à ce projet causera des pertes d’habitats naturels et agricoles irréversibles et des mortalités massives chez les oiseaux migrateurs au droit de la réserve de Biosphère de Camargue.

Au lieu de s’appuyer sur un un projet de développement durable ambitieux pour enfin déployer une offre de transport maritime, ferroviaire et collectif digne de ce nom, ce projet sans cohérence globale dénote une absence de vision au dépens d’un avenir radieux pour ce territoire.

Fos-sur-Mer – Photo de La coccinelle sur Unsplash

 

Un projet d’un autre temps, qui ignore les défis du présent

 

NACICCA a été créée en 2007, initialement pour s’opposer à la destruction d’habitats naturels remarquables menacés par la construction d’un entrepôt logistique d’IKEA sur la commune de Saint Martin de Crau. Puis, NACICCA a défendu les espaces naturels remarquables de l’Etang du Caban contre un projet d’extension d’une darse dans la Grand Port Maritime de Marseille. Enfin, NACICCA a contraint Provence Grand Large à revoir sa copie et à proposer des mesures compensatoires pour tenir compte de l’effet de ses trois éoliennes en mer sur la mortalité attendue sur plusieurs espèces d’oiseaux.

NACICCA est une association qui défend depuis près de 20 ans la préservation de la nature et de la qualité de vie de la zone Crau Camargue Alpilles. Force est de constater qu’aujourd’hui nous sommes un peu dépassés par l’emballement de la machine à projets destructeurs, projets autoroutiers, parcs photovoltaïques, éoliennes en mer, entrepôts logistiques. Partout nous veillons au respect des engagements de l’Etat en matière de biodiversité, partout nous constatons l’absence d’une vision globale et cohérente du territoire avec pour conséquence un grignotage toujours plus rapide des derniers espaces préservés.

Durant ce débat public porté par la  CNDP, nous avons pu constater que le projet de développement logistique et industriel de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos s’appuyait toujours sur le même logiciel obsolète et dépassé, grignotage de terres, priorité à la route et aux camions ou datacenters qui justifient des offres électriques pharaoniques vendues comme réponse à des besoins de décarbonation. Jamais n’est posée la question des réels besoins énergétiques, des réels besoins de production. Nulle part on ne nous montre comment l’électrification et la décarbonation pourraient contribuer à la sobriété, c’est-à-dire à une diminution globale de la demande en énergie.

 

Le problème de l’appréciation des impacts cumulés

 

Ce débat public a été souhaité pour pouvoir mesurer et évaluer l’ensemble des impacts de la totalité des projets industriels et d’infrastructures autour de la zone industrialo-portuaire de Fos. Car il est essentiel que ces dizaines de projets soient évalués ensemble pour apprécier leurs multiples impacts environnementaux et sociaux sur les territoires concernés. Malheureusement ce débat n’a pas apporté les éléments nécessaires pour évaluer les impacts cumulés. Environ un tiers des projets seulement présentent des données permettant une étude partielle de ces impacts cumulés. Lors de l’atelier du 18 juin à Fos-sur-Mer sur les “risques – environnement – santé”, de très nombreuses questions sont restées sans réponse : total de surface consommée directe et indirecte, détail de la nature de ces surfaces, consommation en eau, impact sur la nappe phréatique de Crau, impacts globaux sur la biodiversité, impact sur le trafic routier actuel, impact sur les rejets industriels et la pollution de l’air,… alors que l’étude de ces impacts cumulés représentait le coeur de ce débat public, nous ne pouvons qu’être déçu de n’avoir aucune réponse probante. Les industriels et les services de l’État sont aujourd’hui dans l’incapacité de nous dire quels seront les impacts des ces dizaines de projets sur les milieux naturels, les terres agricoles, la ressource en eau, la qualité de l’air ou même les paysages et l’habitat. Ils n’ont pas sû répondre aux attentes des populations locales.

 

Le problème des mesures compensatoires

 

Une difficulté majeure de ce débat a été pour NACICCA d’essayer de comprendre ce que l’ensemble des ces multiples projets industriels allaient représenter de façon précise en termes de surface de milieux naturels et agricoles impactés. Il semble que les services décentralisés de l’Etat recherchent aujourd’hui avec difficulté des surfaces de compensations (possiblement sous forme de SNCRR) de 2000 à 3000 ha dans la région. On lit dans des déclarations du préfet de région que “les zones humides à restaurer ne manquent pas”, sous-entendant que ces projets seraient une opportunité pour la conservation de la nature. Notre lecture de ces déclarations est que l’Etat acte une compensation au rabais qui, au contraire de desartificialiser des zones bétonnées pour de véritables gains de nature, se contenterait d’améliorer à la marge l’état de certaines zones humides alors que les destructions, elles, seront définitives. Pourtant des études scientifiques ont par exemple montré que sur 621 zones humides restaurées et suivies à travers le monde, même un siècle après les efforts de restauration, leur structure biologique et leur fonctionnement biogéochimique sont restés en moyenne 26 % et 23 % plus bas, respectivement, que dans des zones humides naturelles utilisées comme point de comparaison. En d’autres termes, la nature ne se restaure pas facilement et priorité doit être donnée à l’évitement. Ce constat devrait nous amener à imaginer des ratios de compensation beaucoup plus élevés que ceux proposés actuellement (2 ha de compensation seulement pour 1 ha détruit). Ce besoin est exacerbé par le traitement à la découpe des mesures compensatoires qui ne prend jamais en compte les effets cumulés des projets. Faute d’économie drastique sur les surfaces à artificialiser pour ces projets, des surfaces colossales devront être trouver pour la compensation si on ne sous estime pas les ratios. A noter que la création d’un SNCRR (évoqué dans la fiche de l’état sur les mesures compensatoires) ne résout en rien le risque de sous estimation des ratios, preuve en est les difficultés de la CDC Biodiversité à vendre des unités de compensation alors que les projets logistiques en sa périphérie ont fleuri. NACICCA s’oppose de longue date à la compensation par l’offre telle que promue par l’Etat ici, notamment du fait que cette commodification de la nature, loin de la préserver, participe à sa destruction.

Nos propositions alternatives

 

Pour la zone industrielle de Fos, nous regrettons que le processus de concertation n’ait pas pris comme point de départ les besoins des habitants en ce qui concerne l’amélioration de leur cadre de vie, l’amélioration de leur environnement, qualité de l’eau et de l’air, et la diminution du risque sanitaire des industries sur les populations. De ce type d’approche “bottom up” aurait pu émerger des projets industriels qui ne soient pas gouvernés de façon “top down” par la compétition internationale du capitalisme financier. On aurait alors pu proposer des projets propres à répondre aux besoins réels des populations et pas ficelés pour satisfaire les désirs des investisseurs du CAC 40.

La question des transports est symptomatique de cette différence entre besoins des uns et désirs des autres. Les projets de transports proposés sont des autoroutes : Martigues – Port-de-Bouc, Fos – Salon ou encore au sud d’Arles. Mais à qui cela va-t-il profiter ? Aux investisseurs de la logistique et non aux populations locales. Alors que de nombreux élus parlent de routes saturées, aucun plan ambitieux de transport public n’a été présenté. Le transport ferroviaire a été oublié. La part proportionnelle du fret dans le transport de marchandises fait du surplace. Faire croire aux usagers qu’une autoroute va résoudre la fluidité du trafic routier est une réflexion du passé, de nombreux travaux scientifiques ont abordé ce sujet ces dernières années.

Prenons l’exemple du contournement  autoroutier d’Arles, sur lequel NACICCA a beaucoup travaillé en lien avec le collectif “En travers de la route”. Aucun aménagement sur les infrastructures existantes n’a été réalisé ces vingt dernières années pour améliorer la situation, alors que plusieurs décisions nationales ou aménagements locaux pourraient être pris. Nous proposons de mobiliser des financements massifs pour développer des outils efficaces de transport ferroviaire, fluvial et du cabotage entre les ports de Méditerranée (avec la SNCF/RFF, le Port d’Arles et le Grand Port Maritime de Marseille). L’Etat, le département et la région devraient investir également dans le développement du transport collectif entre les villes voisines (avec des plateformes de covoiturage (ex : bus direct inexistant entre Arles et Fos-sur-Mer). Nous invitons l’ACCM à mettre en œuvre sans tarder son plan vélo avec des incitations fortes pour l’utilisation de transport décarboné. Concernant la réduction des nuisances sur la RN113. Nous souhaitons que soit étudié l’aménagement du rond-point du Vittier et des autres échangeurs en traversée  d’Arles, la construction de passerelles, la construction d’un raccordement entre Barriol et Fourchon, la réduction de la pollution sonore (limitation de vitesse, revêtement adapté, protections supplémentaires), des voies plus différenciées (marquage et vitesse) et la possibilité d’encapsuler une partie de la section passant au coeur d’Arles comme cela se fait à bien des endroits.

Nous rappelons que la continuité autoroutière entre l’Espagne et l’Italie existe, elle passe par l’A9 puis l’A7 au carrefour d’Orange. Alors que la RN113 au droit d’Arles est empruntée par 10700 poids lourds par jour (étude TransMobilité  2025), 4100 de ces camions vont ou arrivent d’Espagne, traversant le pays pour amener des légumes espagnols en Europe. Ces 4100 poids-lourds n’ont rien à faire sur nos routes. Le fret ferroviaire pour les trajets internationaux doit être mis en place. En février 2023, Mme Elisabeth Borne, alors Première Ministre, avait annoncé un grand plan ferroviaire, en particulier pour le transport de marchandises, où est ce plan aujourd’hui ? L’État doit avoir une vision à long terme et promouvoir un projet de circulation routière, ferroviaire et fluvial du 21ème siècle et ne pas cautionner un projet du siècle passé, basé sur le tout camion.

Pour la THT, là aussi, nous nous appuyons sur le collectif STOP THT pour soutenir l’étude de solutions alternatives incluant l’option suivante : une ligne 2GW enterrée et enfouie dans le Rhône entre Jonquière et Fos et une ligne maritime 2GW de Fos à La Narbonnaise, projeté par RTE il y a quelques années, via le projet Midi-Provence.

Au sein de ce collectif nous défendons l’idée qu’avant tout devraient être mieux évalués les besoins réels du territoire qui justifient cette nouvelle offre électrique. Nous nous interrogeons notamment sur les besoins en énergie électrique censés justifier la création de cette ligne THT. Alors que depuis plusieurs mois l’État et RTE prônent cette ligne pour décarboner les industries de la ZIP de Fos, la présentation du 20 mai à Saint-Martin-de-Crau nous a appris que sur les 7000 MW de demandes de raccordement, seulement 1200 MW étaient pour décarboner les industries existantes. Pire, la même demande de 1200 MW concerne l’installation de datacenter. Près de 2000 MW sont prévus pour des projets d’hydrogène et autant pour la “réindustrialisation”. La réelle décarbonation de l’existant et des transports régionaux ne représente même pas un tiers des demandes de raccordement. Dès lors, il est légitime de se poser la question, est-on sur un mensonge pour justifier cette ligne THT ? Elle n’est nullement pour décarboner, mais pour faire venir de nouvelles industries, soit à la technologie immature (hydrogène), soit à l’état de start-up. Bref, de l’hypothétique et de la fuite en avant technologique. Et pour cela, l’État est prêt à sacrifier les territoires de Camargue, de Crau et de Terre d’Argence, reconnus pour leur biodiversité exceptionnelle, leurs paysages et leurs agricultures. Nous ne pouvons qu’être contre ce projet de ligne THT, qui ne ferait que détruire et broyer : détruire du vivant et broyer de l’humain.

Alors que RTE a choisi un fuseau dit de “moindre impact”, notre association a réalisé à l’automne et à l’hiver dernier des comptages d’oiseaux simultanés sur l’ensemble de ce fuseau afin de mettre en lumière la multitude de déplacements quotidiens des oiseaux au sein de ces territoires. Les résultats sont édifiants. Le 26 janvier 2025, en seulement 3h30 d’observation c’est un total de 26 712 individus de 33 espèces différentes, principalement protégées, qui a été recensé. Nous vous laissons imaginer sur une année entière, en prenant en compte les mouvements migratoires, le nombre que cela représente. On parle en millions de déplacements d’oiseaux en Camargue. Mettre une ligne THT dans ces territoires est un non-sens total. La décarbonation ou ce qui s’y apparente, ne peut se faire au détriment de la biodiversité. Nous joignons à cette contribution les résultats de ces comptages.

 

Conclusion

Si NACICCA a apprécié l’opportunité offerte par la  CNDP d’interroger non pas des projets industriels mais un projet territorial, nous avons été également extrêmement frustrés de voir des pans entiers de ce débat passer à la trappe au détriment de discussions économiques industrielles. Sous prétexte de décarbonation et d’économies “vertes” le modèle consumériste et productiviste dans lequel nous sommes n’a pas été débattu. Pourtant, quelques années après une pandémie mondiale mettant nos économies à l’arrêt, débattre de la sobriété et de nos modes de productions aurait dû être une porte d’entrée de ce débat. Malheureusement, services de l’État et industriels étaient main dans la main pour promouvoir des projets industriels avec comme seules préoccupations la compétitivité ou l’attractivité économique de la région, voire de la France. Faisant fi des questions environnementales, sociales ou agricoles. Les différents débats n’ont pas permis d’interroger le sens que l’on donne aux activités humaines. La décarbonation, l’emploi, la compétitivité, ces concepts sont creux si on ne sait pas pour quel projet de société ils sont mobilisés.

Il ressort de notre analyse un manque crucial de vision, notamment sur le développement et l’organisation des mobilités et des transports dans une zone ou la gestion des flux ne pourra reposer indéfiniment sur le tout camion, et sur les impacts cumulés de tous ces projet sur ce qu’il reste des écosystèmes et de la biodiversité exceptionnelle de ce territoire. Nous avons la désagréable impression que ce sont les territoires de Crau, de Camargue et de Terre d’Argence qui doivent s’adapter aux industries et aux infrastructures réseaux, alors que ça devrait être l’inverse. Nous continuerons à défendre ces territoires, leurs paysages, leurs agricultures et leurs biodiversités .

 

Dimanche 1er octobre – Rassemblement « En travers de la route »

Grande journée de contribution artistique au projet En travers de la route, dimanche 1er octobre à partir de 10h.

Nous invitons toutes celles et ceux qui aiment dessiner, peindre, graver, photographier, filmer, écrire, prendre du son, ou témoigner de toute autre façon, à portraiturer, fragment par fragment, toutes les formes de vies et de paysages qui se déploient sur ce tracé, et que nous souhaitons célébrer et préserver ensemble.

Enquête publique relative au Contournement Ouest de Nîmes

Toutes deux opposées au projet de contournement autoroutier d’Arles, les associations NACICCA et Changeons d’Avenir sont très sensibles et suivent avec attention le projet de Contournement Ouest de Nîmes, maillon supplémentaire d’un réseau autoroutier et routier qui cherche à croître depuis les infrastructures portuaires du Grand Port Maritime de Marseille.

A la lecture du dossier d’enquête publique on devine rapidement que le projet du Contournement Ouest de Nîmes (CONIMES) a été conçu au courant du siècle dernier par ses promoteurs pour accélérer le transit routier Nord Sud à travers le département du Gard, et en particulier le transport de marchandises, en imaginant y attirer les flux issus de l’axe international que représente l’A9.

De nombreuses propositions alternatives pour développer une mobilité durable au sein de l’agglomération sont pourtant sur la table, et les associations locales sont prêtes à contribuer à leurs réalisations. Malheureusement ces solutions ont été balayées du revers de la main par la DREAL.

Nous pouvons citer évidemment l’amélioration des croisements existants entre RN106 et D40, entre RN106 et RN113, qui sont tous deux les points noirs de circulation. D’autres exemples comme l’amélioration de la desserte ferroviaire entre Alès et Nîmes, la
réutilisation de la plateforme de la voie ferrée Nîmes Sommières, l’amélioration des transports en commun au sein de l’aire urbaine de Nîmes.

Réponse aux questions des candidats à la 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône aux élections législatives de 2022


Les candidats à la 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône aux élections législatives de 2022 ont été interrogés sur six thèmes: Energie, Transport, Economie, Industrie, Agriculture et Biodiversité par six associations du territoire (NACICCA, AGIR POUR LA CRAU, LES FLAMANTS ROSES DU TRÉBON, ACEN, CHANGEONS d’AVENIR et le collectif Camarguais pour le maintien du Bac à Salin de Giraud). Ce questionnaire a été transmis le 3 juin aux candidats par mail personnel lorsque celui ci a été trouvé, par mail aux délégations régionales des partis ou les sites internet des partis dans le cas contraire. Le questionnaire a ensuite été publié dans la Provence le 5 juin.  Des candidats nous ont fait part qu’ils n’avaient cependant pas reçu l’information préalablement et nous nous en excusons. Néanmoins nous considérons que tous les candidats ont pas pu avoir accès à ce questionnaire par un moyen ou un autre.


Nous avons reçu trois réponses : Le Parti Animaliste représenté par Monsieur Cesari, la NUPES représentée par Monsieur Caillault, le NPA représenté par Madame Pasquini. Nous considérons que l’absence de réponse des autres candidats démontre au mieux une certaine désinvolture sur ces sujets, mais plus certainement l’absence d’intérêt pour ces questions ou au moins pour les associations qui les posent.


Les six thèmes proposés sont des transcriptions locales fortes des enjeux nationaux. La crise de la COVID, la guerre en Ukraine et ses conséquences directes et indirectes ne sont que deux éléments parmi d’autres de crises à intégrer dans la réflexion. Les grands bouleversement géopolitiques qui sont à l’oeuvre, l’influence grandissante de certains états notamment en Afrique ou en Asie, et les nouvelles alliances internationales qui se dessinent vont avoir un impact fort sur notre mode de vie : énergie, agriculture, ressource en eau, souveraineté alimentaire, disponibilité des matières premières, commerce international, changements des lieux de production. Tout cela dans un contexte de crise environnementale majeure : crise de la biodiversité et changements climatiques.


Nous recommandons vivement à tous de lire attentivement les réponses des candidats pour se faire une idée la plus précise possible des positions de chacun. Ces réponses sont disponibles ci dessous

Conclusion


Nous regrettons le faible taux de réponse à ce questionnaire (3 candidats sur 10) qui nous aurait permis de confronter plusieurs visions et d’informer les adhérents et les citoyens de la politique qui allait être menée par notre futur.e député.e sur ces enjeux cruciaux pour la nation et pour notre territoire. Malgré les discours de leurs représentants nationaux, ce questionnaire montre que l’intérêt de la plupart des candidats est ailleurs et qu’ils n’ont toujours pas saisi l’urgence à s’emparer de ces sujets environnementaux.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE NACICCA : 15 ANS ET TOUJOURS LA !

Ce samedi 12 mars 2022, s’est tenue l’Assemblée Générale de Nacicca. Une journée d’échanges, de débat et d’engagements autour de nombreux dossiers impactant nos vies et nos territoires.

Protocole oblige, la matinée a été consacrée à l’exercice classique du passage en revue du rapport financier et moral de l’association. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année 2021 fut très chargée et que notre motivation est restée intacte, face à des dossiers, qui pour certains, durent depuis plusieurs années.

Il en est ainsi, par exemple du « PLU de Saint-Gilles », du projet de parc photovoltaïque de « Font-de-Leu », du parc éolien « Provence Grand Large », ou des « entrepôts logistiques en Crau ».

LE COVID N’A PAS ARRÊTÉ LES PORTEURS DE PROJETS ÉCOCIDES

Nos idées, positions et arguments ont passé le carcan obligatoire du confinement pour venir heurter les sensibilités des citoyens, du politique et de l’économique.

Nacicca a, une fois de plus, donné de la voix et à réfléchir sur 2 dossiers emblématiques : le « pont de Barcarin » et les projets de méthanisation en Camargue (Méthacam) et en Crau (Ligno).

TEMPS FORT AUTOUR DU COLLECTIF « ANTI-CONTOURNEMENT AUTOROUTIER D’ARLES »

A l’invitation de Nacicca, une partie des représentants de ce collectif inédit rassemblant associations environnementales, professionnelles, scientifiques, politiques et de riverains sont venues s’exprimer le « serpent de mer arlésien ».

Les uns à la suite des autres, tous les arguments défavorables à ce projet ont été égrenées sous les incantations et les applaudissements d’une centaine de personnes venues pour l’occasion :

→ ce contournement ne résout en rien pas les problèmes de pollution et de circulation. Au contraire, il créé 2 tronçons autoroutiers de 40.000 véhicules par jour sur notre territoire.

→ il est contraire aux engagements de l’Etat en matière de réduction des GES.

→ il se situe en tête de Camargue, près d’une réserve reconnue mondialement pour sa richesse écologique et économique.

→ il détruit entre 300 et 400 ha de terres agricoles, sapant un peu plus notre souveraineté alimentaire

→ il sera construit en zone inondable sur la base de remblais dont nous supposons, d’ores et déjà, que les contenus seront susceptibles d’empoisonner la nappe phréatique de Crau.

Les représentants de Nacicca, Agir pour la Crau, France Nature Environnement Bouches-du-Rhône, Arles Camargue Environnement Nature, la Tour du Valat, la Société Nationale de Protection de la Nature, le Collectif des Riverains de Pont-de-Crau, EELV Pays d’Arles, Changeons d’Avenir.

Pour la circonstance, la parole a été donnée à l’association les Flamants Roses du Trébon qui mène un combat sans merci contre le plus gros pollueur du Rhône, l’usine Fibre Excellence Tarascon.

VISITE DES LAURONS MENACÉS PAR LE CONTOURNEMENT

Considérant que de nombreuses personnes évoquent le tracé du contournement sans véritablement savoir où il passe, nous nous sommes rendus en visite guidée sur des « laurons » possiblement impactés par le tracé de l’autoroute.

La particularité des marais visités est qu’ils sont alimentés par les résurgences de la nappe de Crau, localement appelés « laurons ». Ces résurgences ont une morphologie singulière : ce sont des puits naturels à travers les limons et les tourbes et ouverts sur les cailloutis de la Crau. Ces derniers apportent donc l’eau de la nappe de Crau en continue dans ces marais. C’est une eau douce, claire et qui reste plutôt fraîche toute l’année et qui, rappelons-le, alimente en eau potable plus de 270.000 personnes. Ce sont ces caractéristiques qui ont permis le développement d’espèces végétales au sein des marais.

Pour conclure cette journée, Nacicca invite tous les participants à la journée européenne pour la reconnaissance des écocides le dimanche 20 mars 2022.

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PLUS D’INFOS

BFM Marseille (12.03.22)

→ BFM Marseille (02.02.22)

CONTOURNEMENT AUTOROUTIER D’ARLES : AVIS TRES RESERVÉ DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Le 27.01.22, l’autorité environnementale du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable a rendu son avis sur la demande de cadrage préalable du contournement autoroutier d’Arles. Il est très réservé et va dans le sens des craintes et des aberrations pointées par les différentes associations.

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Le choix de la variante VSV (Sud Vigueirat), considéré comme acquis dans le dossier, a été fait en 2005. Il n’intègre pas les évolutions environnementales notables pas plus que celles du cadre législatif et réglementaire intervenues depuis. (p21)

NOTRE ANALYSE

Le tracé retenu a donc maintenant plus de 17 ans. Il en aurait sans doute 20 ou 25 au démarrage des travaux. Soit dans un contexte urbanistique, environnemental, politique et territorial très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Ce projet tourne le dos à un modèle de développement économique ignorant nos limites sociales et environnementales et ne permet pas que notre territoire s’inscrive dans une véritable transition écologique et solidaire.

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Ainsi, il est patent que cette variante est quasi intégralement en secteur d’aléa inondation fort et en partie dans un site Natura 2000.  (p21)

NOTRE ANALYSE

Le tracé retenu a donc maintenant plus de 17 ans. Il en aurait sans doute 20 ou 25 au démarrage des travaux. Soit dans un contexte urbanistique, environnemental, politique et territorial très différent de ce qu’il est a

La zone d’étude et le périmètre du projet sont fortement concernés par le risque d’inondations :

  • inondations par le Rhône et ses deux bras, en fonction de l’événement concerné et du comportement des digues le long du Rhône, du Grand Rhône et du Petit Rhône ;
  • arrivées d’eau depuis les petits bassins des Alpilles, et notamment suivant les canaux passant entre le centre d’Arles et le Grand Rhône ;
  • remontées de nappe ;
  • effet du niveau de la mer qui notamment agit sur les débordements de canaux ;

Les trois secteurs ouest du projet, Tête de Camargue, Plan du Bourg et Draille Marseillaise, sont presque entièrement localisés en zone d’aléa fort du PPRI d’Arles, approuvé le 3 février 2015.

Quels risques va-t-on faire courir à ces populations ?

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Il importe que la future étude d’impact restitue le cheminement du projet, ainsi que la succession des choix (fuseaux et tracés, alternatives modales, partis pris techniques et notamment le passage en remblai), avant de présenter la comparaison profondément complétée de toutes les variantes de fuseaux ou familles de variantes (y compris options d’aménagement sur place), au regard de leurs incidences en particulier environnementales, pour justifier de l’utilité publique et des raisons impératives d’intérêt public majeur qui fondent les décisions administratives sollicitées par la maîtrise d’ouvrage. Une éventuelle dérogation aux règles générales applicables requerra des motivations particulièrement solides. (p21)

NOTRE ANALYSE

La présence de nombreuses espèces protégées devrait conduire le porteur de projet à déposer un dossier de demande de dérogation à la protection stricte des espèces et de leur habitat naturel.

La raison impérative d’intérêt public majeur du projet devra être démontrée. Nous avons démontré à plusieurs reprises que ce projet ne résout en rien la problématique de pollution de l’air car il ne fait que déplacer le problème en créant un tronçon autoroutier et un boulevard urbain dont le trafic est estimé à celui de la moyenne d’un tronçon autoroutier français (40.000 véhicules par jour). Le motif de santé publique invoqué est donc fallacieux, tout comme ceux des arguments économiques ou environnementaux.

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

La maîtrise d’ouvrage propose de considérer que le projet routier et le projet « territoire » ne constituent pas un projet unique ; néanmoins, pour l’Ae, au vu des informations rappelées ci-dessus (§ 3.1), le projet « territoire » doit être considéré comme un effet induit par le projet et dont les incidences doivent être considérées dans tout le dossier comme des incidences indirectes du contournement. (p35)

NOTRE ANALYSE

Le projet de contournement autoroutier ne peut être envisagé de manière déconnecté de celui de requalification de la RN113 en boulevard urbain porté par la ville d’Arles.

Ce dernier constitue un effet induit du premier. Ces incidences qui vont venir se cumuler seront des incidences indirectes du contournement autoroutier.