Archives de catégorie : Contournement autoroutier d’Arles

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE NACICCA : 15 ANS ET TOUJOURS LA !

Ce samedi 12 mars 2022, s’est tenue l’Assemblée Générale de Nacicca. Une journée d’échanges, de débat et d’engagements autour de nombreux dossiers impactant nos vies et nos territoires.

Protocole oblige, la matinée a été consacrée à l’exercice classique du passage en revue du rapport financier et moral de l’association. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année 2021 fut très chargée et que notre motivation est restée intacte, face à des dossiers, qui pour certains, durent depuis plusieurs années.

Il en est ainsi, par exemple du « PLU de Saint-Gilles », du projet de parc photovoltaïque de « Font-de-Leu », du parc éolien « Provence Grand Large », ou des « entrepôts logistiques en Crau ».

LE COVID N’A PAS ARRÊTÉ LES PORTEURS DE PROJETS ÉCOCIDES

Nos idées, positions et arguments ont passé le carcan obligatoire du confinement pour venir heurter les sensibilités des citoyens, du politique et de l’économique.

Nacicca a, une fois de plus, donné de la voix et à réfléchir sur 2 dossiers emblématiques : le « pont de Barcarin » et les projets de méthanisation en Camargue (Méthacam) et en Crau (Ligno).

TEMPS FORT AUTOUR DU COLLECTIF « ANTI-CONTOURNEMENT AUTOROUTIER D’ARLES »

A l’invitation de Nacicca, une partie des représentants de ce collectif inédit rassemblant associations environnementales, professionnelles, scientifiques, politiques et de riverains sont venues s’exprimer le « serpent de mer arlésien ».

Les uns à la suite des autres, tous les arguments défavorables à ce projet ont été égrenées sous les incantations et les applaudissements d’une centaine de personnes venues pour l’occasion :

→ ce contournement ne résout en rien pas les problèmes de pollution et de circulation. Au contraire, il créé 2 tronçons autoroutiers de 40.000 véhicules par jour sur notre territoire.

→ il est contraire aux engagements de l’Etat en matière de réduction des GES.

→ il se situe en tête de Camargue, près d’une réserve reconnue mondialement pour sa richesse écologique et économique.

→ il détruit entre 300 et 400 ha de terres agricoles, sapant un peu plus notre souveraineté alimentaire

→ il sera construit en zone inondable sur la base de remblais dont nous supposons, d’ores et déjà, que les contenus seront susceptibles d’empoisonner la nappe phréatique de Crau.

Les représentants de Nacicca, Agir pour la Crau, France Nature Environnement Bouches-du-Rhône, Arles Camargue Environnement Nature, la Tour du Valat, la Société Nationale de Protection de la Nature, le Collectif des Riverains de Pont-de-Crau, EELV Pays d’Arles, Changeons d’Avenir.

Pour la circonstance, la parole a été donnée à l’association les Flamants Roses du Trébon qui mène un combat sans merci contre le plus gros pollueur du Rhône, l’usine Fibre Excellence Tarascon.

VISITE DES LAURONS MENACÉS PAR LE CONTOURNEMENT

Considérant que de nombreuses personnes évoquent le tracé du contournement sans véritablement savoir où il passe, nous nous sommes rendus en visite guidée sur des « laurons » possiblement impactés par le tracé de l’autoroute.

La particularité des marais visités est qu’ils sont alimentés par les résurgences de la nappe de Crau, localement appelés « laurons ». Ces résurgences ont une morphologie singulière : ce sont des puits naturels à travers les limons et les tourbes et ouverts sur les cailloutis de la Crau. Ces derniers apportent donc l’eau de la nappe de Crau en continue dans ces marais. C’est une eau douce, claire et qui reste plutôt fraîche toute l’année et qui, rappelons-le, alimente en eau potable plus de 270.000 personnes. Ce sont ces caractéristiques qui ont permis le développement d’espèces végétales au sein des marais.

Pour conclure cette journée, Nacicca invite tous les participants à la journée européenne pour la reconnaissance des écocides le dimanche 20 mars 2022.

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PLUS D’INFOS

BFM Marseille (12.03.22)

→ BFM Marseille (02.02.22)

CONTOURNEMENT AUTOROUTIER D’ARLES : AVIS TRES RESERVÉ DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Le 27.01.22, l’autorité environnementale du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable a rendu son avis sur la demande de cadrage préalable du contournement autoroutier d’Arles. Il est très réservé et va dans le sens des craintes et des aberrations pointées par les différentes associations.

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Le choix de la variante VSV (Sud Vigueirat), considéré comme acquis dans le dossier, a été fait en 2005. Il n’intègre pas les évolutions environnementales notables pas plus que celles du cadre législatif et réglementaire intervenues depuis. (p21)

NOTRE ANALYSE

Le tracé retenu a donc maintenant plus de 17 ans. Il en aurait sans doute 20 ou 25 au démarrage des travaux. Soit dans un contexte urbanistique, environnemental, politique et territorial très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Ce projet tourne le dos à un modèle de développement économique ignorant nos limites sociales et environnementales et ne permet pas que notre territoire s’inscrive dans une véritable transition écologique et solidaire.

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Ainsi, il est patent que cette variante est quasi intégralement en secteur d’aléa inondation fort et en partie dans un site Natura 2000.  (p21)

NOTRE ANALYSE

Le tracé retenu a donc maintenant plus de 17 ans. Il en aurait sans doute 20 ou 25 au démarrage des travaux. Soit dans un contexte urbanistique, environnemental, politique et territorial très différent de ce qu’il est a

La zone d’étude et le périmètre du projet sont fortement concernés par le risque d’inondations :

  • inondations par le Rhône et ses deux bras, en fonction de l’événement concerné et du comportement des digues le long du Rhône, du Grand Rhône et du Petit Rhône ;
  • arrivées d’eau depuis les petits bassins des Alpilles, et notamment suivant les canaux passant entre le centre d’Arles et le Grand Rhône ;
  • remontées de nappe ;
  • effet du niveau de la mer qui notamment agit sur les débordements de canaux ;

Les trois secteurs ouest du projet, Tête de Camargue, Plan du Bourg et Draille Marseillaise, sont presque entièrement localisés en zone d’aléa fort du PPRI d’Arles, approuvé le 3 février 2015.

Quels risques va-t-on faire courir à ces populations ?

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

Il importe que la future étude d’impact restitue le cheminement du projet, ainsi que la succession des choix (fuseaux et tracés, alternatives modales, partis pris techniques et notamment le passage en remblai), avant de présenter la comparaison profondément complétée de toutes les variantes de fuseaux ou familles de variantes (y compris options d’aménagement sur place), au regard de leurs incidences en particulier environnementales, pour justifier de l’utilité publique et des raisons impératives d’intérêt public majeur qui fondent les décisions administratives sollicitées par la maîtrise d’ouvrage. Une éventuelle dérogation aux règles générales applicables requerra des motivations particulièrement solides. (p21)

NOTRE ANALYSE

La présence de nombreuses espèces protégées devrait conduire le porteur de projet à déposer un dossier de demande de dérogation à la protection stricte des espèces et de leur habitat naturel.

La raison impérative d’intérêt public majeur du projet devra être démontrée. Nous avons démontré à plusieurs reprises que ce projet ne résout en rien la problématique de pollution de l’air car il ne fait que déplacer le problème en créant un tronçon autoroutier et un boulevard urbain dont le trafic est estimé à celui de la moyenne d’un tronçon autoroutier français (40.000 véhicules par jour). Le motif de santé publique invoqué est donc fallacieux, tout comme ceux des arguments économiques ou environnementaux.

AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

La maîtrise d’ouvrage propose de considérer que le projet routier et le projet « territoire » ne constituent pas un projet unique ; néanmoins, pour l’Ae, au vu des informations rappelées ci-dessus (§ 3.1), le projet « territoire » doit être considéré comme un effet induit par le projet et dont les incidences doivent être considérées dans tout le dossier comme des incidences indirectes du contournement. (p35)

NOTRE ANALYSE

Le projet de contournement autoroutier ne peut être envisagé de manière déconnecté de celui de requalification de la RN113 en boulevard urbain porté par la ville d’Arles.

Ce dernier constitue un effet induit du premier. Ces incidences qui vont venir se cumuler seront des incidences indirectes du contournement autoroutier.